Go to content; Go to main menu; Go to languages.
Menu

Charles

Il y aura 12 ans en janvier, j’ai donné naissance à mon fils anencéphale, Charles.

Le temps a été une guérison. Je me suis appuyée et ai reçu la consolation du Seigneur. Mais alors que le temps passe, il semble que ma mémoire s’étiole et j’aspire à quelque chose qui pourrait garder Charles proche de moi, ou qui pourrait garder sa vie aussi signifiante aujourd’hui qu’elle l’était à l’époque. (Je ne peux pas exprimer vraiment ce que je ressens).

Nous n’avions pas de famille sur laquelle nous appuyer, car ils vivaient tous loin de chez nous, et ma belle-mère m’encourageait à mettre un terme à ma grossesse. Notre pasteur et notre église nous ont encouragés à aller à terme, mais ne nous ont pas soutenus plus loin que ça.

Maintenant que je lis comment d’autres familles ont surmonté cette épreuve, je me sens triste car je vois à quel point nous aurions pu faire les choses différemment.

J’ai découvert que notre fils Charles avait une anencéphalie au 7e mois et demi de grossesse. Un docteur a ordonné l’avortement. L’autre, mon obstétricien, m’a encouragée à aller jusqu’à terme. Ça nous a paru une dure décision à l’époque, mais aussi la seule, d’aller jusqu’au terme.

Charles n’a vécu qu’une heure et 25 minutes. Nous aurions dû avoir une caméra pour prendre des images, mais nous n’en avions pas. Aujourd’hui, tout ce que nous avons de lui est la photo médicale de lui prise après sa mort. Nous avions choisi d’avoir un service en mémoire de Charles après avoir envoyé son corps pour être enterré dans ma ville natale. Les docteurs nous avaient mis en garde contre le fait de voyager 400 km si peu de temps après l’accouchement. Mon pasteur ne nous a pas avertis de la manière dont un service de mémoire pouvait être vécu. C’était bien, mais pas très personnel.

J’aurais aimé tenir Charles plus longtemps. J’aurais aimé essayer de le bercer. On n’aurait certainement pas pu le bercer, mais aurais-je pu essayer ? Etais-je trop remuée d’avoir dû vivre un travail provoqué même en étant à terme ?

Je pense que ça aurait été une source de réconfort de lire ce que d’autres parents avaient vécu, mais à la place, je ne faisais que penser à ce que j’aurais pu, ce que j’aurais dû faire.

Bien sûr, je sais que tous ces sentiments refont surface maintenant parce que c’est à cette période de l’année que j’ai pour la première fois appris la condition de mon fils.

Dieu m’a appris tellement au travers de ces douze années. Je sais que Dieu m’a rendue plus forte, et maintenant que j’ai un fils avec des problèmes de santé (cardiaques), je trouve plus facile de prendre sa maladie au jour le jour, grâce à tout ce que j’ai appris de Charles. J’ai appris ce qui est important dans la vie. J’ai appris que Dieu nous guide à travers monts et vallées.

Je prie seulement que je puisse laisser la culpabilité dans le passé. Je continue de penser aux conséquences de l’acide folique (si seulement).

Diane Bailey

Traduit de l'anglais avec la permission de l'Anencephaly Support Foundation

Dernière mise à jour de cette page: 20.01.2009